Aristote disait  « La critique est quelque chose que nous pouvons facilement éviter en ne disant rien ». Simple mais vrai. Belle philosophie, non ? A cela près que cet adage semble avoir été froidement balayé d’un revers de main par une couche non négligeable de la population mondiale : les femmes.

J’en vois déjà certaines la bouche en O, paume de main sur la poitrine, s’offusquer face à de telles affirmations « Quoi ? Non mais franchement, je ne critique jamais, moi. ». Allons donc, nous développerons peut-être ce sujet une autre fois mais, la mauvaise foi est également une qualité hautement maîtrisée par la gente féminine.

« Bon, d’accord il m’arrive peut-être de critiquer parfois. Un peu. Mais juste quand c’est mérité. ». Voilà, nous y sommes. Un peu. Quand c’est mérité. C’est en ces termes plutôt difficilement mesurables que l’on pense pouvoir tromper l’ennemi et justifier nos débordements.

L’arrivée imminente d’un mariage, c’est comme un cadeau tombé du ciel, une mise à nue de tout ce qui fait et fédère un couple. En outre, un terrain de jeu idéal où tentation et culpabilité se mêlent dangereusement. Procédons donc à une brève analyse du comportement féminin en situation weddinguesque.

 Pourquoi critique-t-on les mariages des autres ?

 Parce qu’on est des filles. On l’a dit, les filles ont cette capacité impressionnante à toujours avoir un avis sur tout. A croire qu’on nous a fait ingérer à la naissance une micro-puce diffusant l’hormone de la pestouille. Et si le contexte est agréable (une table, des chaises, un cerisier, du champagne et des lunettes de soleil), alors on est parties pour un bon moment de commérages.

 Par anticipation. Parce que de toute façon, notre mariage sera critiqué, lui aussi. Alors, ma foi, pourquoi se gêner avec celui des autres puisqu’on peut dire avec certitude qu’il est statistiquement impossible que absolument personne n’ait rien à redire dessus. Donc en attendant de se retrouver sur le banc des accusés, on savoure ces petits moments de félicité.

 Pour se faire des potes. Tout le monde le sait. Les médisances fédèrent un peuple. Testé et approuvé. Alors quand, arrivée au mariage d’une connaissance un peu éloignée, assise à une table où on ne connait personne (à part peut-être son Mister Basket), un autre ésseulé s’aventure à marmonner dans sa barbe un « c’est un peu long quand même l’arrivée du plat… », immédiatement, quelques regards approbateurs se manifesteront et un écho du genre « c’est clair ! » raisonnera à cette même table. Et là, c’est parti pour une soirée best friendly de la mort avec tous les convives de la tablée.

 Par jalousie. Parce que concrètement, l’idée de la valisette vintage installée dans un jardin ambiance vintage, dans laquelle chaque invité glisserait un petit mot écrit sur une carte postale (vintage, elle aussi) imaginée dans le but de pouvoir en lire une de temps en temps, tout au long de l’année, les jours de déprime comme les jours heureux, eh bien ça, on n’y aurait pas pensé nous-même. Alors forcément, ça nous dépite un peu de constater qu’objectivement, le mariage de Bidulechouette est dix fois mieux pensé que le nôtre. Moi qui me la pétais avec mon photobooth lunettes et moustaches, je me suis fait siffler la vedette rapido-presto.

 Pour justifier/légitimer son célibat. «Non mais moi, je préfère être seule que mal accompagnée ». Parce que c’est vrai quoi, dans une période de doute, se voir jeter le bonheur des autres à la figure, est au mieux légèrement irritant, au pire franchement agaçant.

Pour celles que ça intéresse, on a trouvé une autre citation à placer dans vos dîners pour riposter au regard accusateur d’un défenseur des causes perdues : « La critique peut être désagréable mais elle est nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain : elle attire l’attention sur ce qui ne va pas » Oscar Wilde.

La super valisette vintage dans un jardin ambiance vintage

 


Crédit photo: DIY imaginé par Un Beau Jour