C’est l’histoire de un, non de quatre mariages…

 Quand L. se marie 

L****, c’est ma super copine de promo. Pendant nos dernières années d’études à 300 km de notre  chère capitale, je lui ai attribué très rapidement le rôle de partenaire en chef. Jour de fête ou coup de mou, elle était toujours dans mon petit périmètre, la soupe angevine, notre breuvage quotidien régulier, arrivant en seconde position. Alors, lorsqu’elle m’a annoncé qu’elle allait se marier, il n’en fallait pas plus pour que mon petit cœur devienne tout chamagoulinant (ndlr : Vous êtes averties, mon imagination est débordante en matière de mots-valises).

J’étais tellement heureuse pour elle que, passés les petits soubresauts de joie, je me suis mise à lui poser dix-mille questions sur l’organisation, la robe, le traiteur, les invités, la date etc. Ce à quoi elle m’a répondu « On a le temps d’y penser tu sais, c’est dans un an et demi, rien ne presse ». Ma copine L. est un rétro-planning ambulant qui organise toujours tout dans les temps, donc si on « avait le temps d’y penser », ma foi, c’est que rien ne pressait. J’ai donc mis en off ma bulle d’excitation…sans me douter que ce n’était qu’une mise en sommeil.

 Quand C. se marie

Un soir de septembre, alors que j’étais paisiblement happée par mes rêves (Leonardo Di Caprio + moi + une plage de sable fin + une rose achetée à un vendeur bangladais à la sauvette), je suis réveillée par un message de ma copine de toujours C*********,  alors expatriée le temps d’un week-end prolongé à New York avec son amoureux : « Lindaaaa, tu es là ? J’ai un truc de ouf à te raconter » (à un ou deux « a » près). Oui mais voilà, C. a pour ainsi dire la manie de toujours avoir des « trucs de ouf » à raconter avec un effet grisant très aléatoire. Donc, telle la villageoise ignorant le berger criant au loup, j’ai ostensiblement remis à plus tard la réponse à son message pour le reste de la nuit. Et de la matinée. Et bien pour cette fois, je le concède, j’ai pensé trop vite. D’ailleurs, la mini-moi version ange, posée sur mon épaule droite, regardait d’un air satisfait la mini-moi version démon posée sur mon épaule gauche, l’air de dire « Tu vois, j’avais raison, quand je te disais qu’elle aurait du répondre ». Bref, C. se mariait cet été. Et de deux !

Quand Z. se marie

Je me remettais à peine de l’annonce du mariage de C. qui, entre temps m’avait demandé d’être sa témoin, qu’une nouvelle bombe allait me tomber dessus. Je dis bombe car je fais partie de ces personnes dont l’entourage –de la même génération j’entends- commence tout juste à se marier, j’ai donc encore beaucoup à apprendre et à découvrir dans la wedosphère. La dernière fois que je suis allée à un mariage, je faisais partie de ce groupe social énigmatique communément appelé « adolescents ». Autant vous dire que ce genre de festivités me passait au-dessus et j’aurais à l’époque volontiers échangé ma place autour de cette table guindée contre une soirée mousse / tee-shirt mouillés / cuir et moustache.

Z*****, avec qui j’avais découvert les joies de la première année de vie d’étudiante fêtarde studieuse, allait officialiser ses cinq années de bonheur dans six mois… au Maroc ! Et souhaitait, bien entendu (qui a dit mégalo ?) que je sois présente.

A ce stade, je vous avoue que la joie a très vite fait place à la panique. Comment allais-je pouvoir gérer tous ces weddings-to-be ? Parce que croyez-le ou non, mais l’Invitée de genre féminin a également des problèmes d’ordre existentiel presque aussi importants que ceux de la future mariée : « Quelle(s) robe(s) vais-je mettre ? Quelle coiffure m’irait le mieux ? Mais du coup, si je m’achète une nouvelle robe, autant m’acheter de nouvelles chaussures. Et le vernis, corail ou nude ? Combien dois-je mettre pour le cadeau ? Ah et tant qu’à faire, si je pouvais perdre 3 kilos d’ici là, ce ne serait pas plus mal. ».

Et plus l’Invitée a d’affinités avec la bride-to-be (ou le groom), plus la liste des interrogations s’allonge. C’est mathématique.

Je vous épargne les détails de l’annonce du mariage de mon cousin mais, à ce stade, le compte était bon –les quatre mariages et mon enterrement le même été- et j’avais développé une sorte de trouble du comportement sur lequel l’Ordre des Médecins devrait se pencher sérieusement : Marque-places, EVJF, Save-the-date, DIY, Rime Arodaky, wedding-cakes, boutonnières, escort-cards et autre Etsy commençaient à ne plus avoir de secrets pour moi. Pire, j’y prenais goût et m’impliquais presque autant que mes copines bride-to-be à la recherche du Saint Graal : des idées parfaites pour un mariage parfait.

A mon grand soulagement, après avoir découvert et parcouru avec délectation la sphère blogguesque française du mariage alias Le blog de Madame C, La  Fiancée du Panda, Mademoiselle Dentelle, La Mariée aux Pieds nus (pour ne citer qu’elles !), j’en concluais avec bonheur que je n’avais contracté aucune maladie orpheline et qu’en plus je pouvais moi aussi m’exprimer sans honte.

C’est ainsi que tout naturellement, M. et moi-même avons décidé de nous associer pour vivre cette aventure. Après s’être avouées à demi-mot que nous écumions frénétiquement les blogs de mariages alors même que nous n’avions qu’un rôle secondaire dans l’histoire, nous nous sommes ensuite aperçues que nos conversations ne tournaient plus qu’autour de cela (bon, nos meilleures amies se marient ne l’oubliez pas, nous ne sommes pas totalement névrosées) Alors, plutôt que de laisser se faner nos folles idées, on a décidé de compiler et partager !

A travers nos claviers affutés, nous réactivons notre bulle d’excitation et vous accueillons avec un immense plaisir dans notre monde chico/urbo/fashio/romantico-moderne.

Bienvenue Dans les Baskets de la Mariée !

PS : Oui, oui je sais, la blague sur « Quatre mariages et un enterrement » n’était pas drôle du tout, mais ça a fait rire Marie. Et moi aussi !

PS2 : Oui, les vendeurs de roses à la sauvette sont bangladais, et non indiens ou pakistanais. Voilà de quoi étoffer vos conversations mondaines.