Rendre la femme plus belle qu’elle ne pense être. Ces mots, c’est Marie Montibert, photographe de mariage, qui nous les a écrits en nous présentant cette séance boudoir qu’elle a imaginée, mise en scène et immortalisée à l’automne dernier. De vous à nous, ces trente-neuf petites lettres ont raisonné en nous comme « la petite phrase magique », rassurante, que toute mariée focalisée sur ses complexes aimerait peut-être entendre de la part de son photographe, de manière à appréhender un peu plus sereinement l’image qu’elle renverrait le jour J.

Petit aparté sur le fait que ces conseils s’adressent plutôt aux femmes car, même si les hommes ont bien sûr également des complexes, cette propension à se concentrer dessus de manière parfois irraisonnée est une caractéristique plutôt féminine. Que l’on y pense en continu ou seulement par à coups, lorsque le complexe ressurgit, c’est une vraie plaie pour notre tête ! Pour la petite histoire, la magnifique jeune femme qui a accepté d’être le modèle de cette séance a, elle aussi, un gros complexe, et pourtant, il y a fort à parier qu’il vous serait difficile de le retrouver. Comme quoi, les complexes, c’est souvent juste dans notre tête à nous…

Avant de rédiger cet article, nous avons interrogé quelques copines mariées de manière complètement informelle, et le constat fut assez unanime : la période des préparatifs fait remonter à la surface nos complexes physiques – même les plus enfouis – que notre amoureux(se) avait réussi à endormir un peu grâce à son regard bienveillant. Mais également des complexes liés au fait de ne pas pouvoir s’empêcher de comparer son futur mariage à celui des autres. On fait le bilan ?

 PORTER LA ROBE BLANCHE 

Il y a celles qui ne s’imaginent pas autrement que dans une robe blanche, mais paradoxalement, ont toujours eu en tête que « le blanc, ça ne flatte pas » (même si cette théorie reste discutable). Celles aussi qui, empreintes par l’excitation des essayages imminents, se sont retrouvées décontenancées, une fois dans la cabine d’essayage après avoir enfilé la première robe. Le blanc ça ne flatte pas. Et, oh mon dieu, je suis si pâle…j’ai les hanches comme ci…la poitrine comme ça…je suis trop petite…trop grande, etc. Tout le monde ne réagit pas comme cela bien sûr, mais aujourd’hui, on s’adresse surtout à celles qui se reconnaissent dans cette crainte d’être envahies par cette petite montée de stress négatif au moment des essayages.

Sachez que le combo robe blanche ET longue est généralement une nouveauté pour toutes les femmes qui choisissent cette option. Le fait que cela vous fasse un peu bizarre est tout à fait normal ; mais au fil des essayages, vous vous habituerez. Au fur et à mesure, votre choix sera pensé de la même façon (ou presque) que quand vous choisissez une belle pièce de prêt-à-porter dans laquelle vous vous apprêtez à investir un peu plus que d’habitude. Personne ne sait ce qui vous va aussi bien que vous, alors suivez votre instinct et ne vous forcez pas à choisir une robe (même si elle fait l’unanimité auprès de votre mère et de votre meilleure amie) si vous n’êtes pas convaincue à cent pour cent de votre choix.

La créatrice, ou les personnes qui travaillent avec elle, sont aussi là pour vous guider objectivement dans votre choix. Une créatrice nous avait expliqué un jour que, contrairement à d’autres, installer un miroir à l’intérieur de la cabine d’essayage de la mariée était très important pour elle. Ainsi, la mariée a le temps de se voir toute seule avant de se montrer aux autres, et en sortant de la cabine, il est plus facile de lire sur son visage ce qu’elle pense du modèle essayé. Si par malheur, vous essuyez des remarques désobligeantes de la part d’une de vos conseillères, ou simplement, que vous n’avez pas la sensation d’être un minimum privilégiée, prenez vos jambes à votre cou. L’expérience des essayages est le moment le plus important des préparatifs alors inutile de le gâcher à cause d’une personne manquant de tact voire impolie.

 LES ESSAIS DE MISE EN BEAUTÉ 

Après avoir écumé Pinterest pendant des heures, vous avez enfin trouvé le modèle de coiffure qui vous fait rêver. Seulement voilà, après quelques essais rapides à la maison, même si c’était un test « juste pour voir », vous vous apercevez que le rendu ne sera jamais le même que celui de la photo qui vous fait tant rêver. Professionnel à vos côtés ou pas. Et c’est là que Madame Complexe réapparaît sans prévenir : « Mais pourquoi mes cheveux sont-ils aussi indomptables/rèches/courts/fins/épais/bouclés/raides ?! (rayer la mention inutile) ». 

Là encore, pas de panique. En fait, ce qui s’est passé dans votre tête de prime abord était « A événement exceptionnel, coiffure exceptionnelle ! ». Sauf que, ce que vous avez oublié de prendre en compte, c’est que vos cheveux, eux, n’ont pas décidé de changer ou d’être plus dociles pour vous faire plaisir, juste parce que c’est votre mariage. Encore une fois, vous savez ce qui vous va, quels types de coiffures sont adaptés à votre qualité/longueur de cheveux. Quand vous fouinez sur Pinterest ou ailleurs, essayez de repérer des femmes ayant la même couleur, le même type de cheveux que vous. Vous saurez mieux appréhender ce qui pourrait vous aller. Ne cherchez pas à vous dénaturer. Toutes les mariées vous le diront : il n’y a rien de plus plaisant que de se sentir « soi » le jour de son mariage. Ce conseil est aussi valable pour vos essais maquillage. Même si c’est l’occasion d’ajouter une petite touche glowy à votre make-up, aller à l’opposé de votre style habituel n’est pas exactement ce qu’on appelle une bonne idée.

 LA FIXETTE 

La fixette, c’est ce complexe (gros) (non, que dis-je, énooorme) qui vous gêne depuis encore plus loin que toujours. Vous avez appris à vivre avec et avez même développé une expertise dans l’art de le dissimuler ou au moins ne pas le mettre en valeur. Et là, soudainement, plus votre mariage approche, plus cette fixette prend de l’ampleur dans votre esprit et finit par vous paralyser. Et pour cause, vous vous dites que puisque vous serez le centre de l’attention, alors ce petit cheveu sur la langue ou cette brûlure dans le cou, personne ne pourra le/la manquer. Les filles, un peu de bienveillance envers vous-même ! Souvenez-vous : votre chéri(e) vous a choisie et vous aime pour qui vous êtes. Toute entière. Votre famille et vos amis vous connaissent et vous aiment tout autant. Si dans la vie de tous les jours, votre fixette n’est jamais relevée par qui que ce soit, pourquoi le serait-elle un des plus beaux de jours de votre vie, où vos proches n’auront qu’une envie, vous voir heureuse et épanouie. Et si vous émettez des doutes sur la bienveillance d’un de vos invités, posez-vous les bonnes questions sur la nécessité de sa présence parmi vous…

 LE MARIAGE DES AUTRES 

L’avantage de voir ses copains ou ses cousins se marier avant soi, c’est que vous avez la possibilité de vous faire une idée plus précise, au fil du temps, de ce que vous voulez, ou à l’inverse, ce que vous ne voulez surtout pas pour votre propre mariage. L’inconvénient, c’est que tous ces mariages deviennent un objet de comparaison inévitable engendrant parfois du stress, qu’on n’avait pour le coup, pas prévu. Ce couple dont les parents aidaient à financer voire finançaient entièrement le mariage alors que vous financez vous-même et difficilement le vôtre à la sueur de votre front. Cet autre couple qui a préparé en cachette pendant des mois une danse sublime pour le jour J alors que vous avez deux pieds gauches. Ceux qui ont pu enchaîner directement avec un merveilleux trek en Tanzanie alors que vous reprendrez le travail deux jours après. Cet autre couple qui a eu « la chance » de voir son mariage publié sur un blog alors que vous pensez n’avoir aucune chance…Bref, vous avez compris l’idée.

Pourtant, dites-vous (non pas pour vous rassurer, mais parce que c’est souvent vrai !) qu’à chaque situation en apparence idyllique,  il y a son lot de petits soucis. Ce que ne vous dit pas ce couple, c’est que même s’ils sont conscients d’être chanceux d’avoir pu financer leur mariage grâce à leurs parents, pour les mêmes raisons, l’année des préparatifs a été une source de compromis permanents (plus ou moins houleux) car les parents – et le sujet n’est pas de savoir s’ils avaient tort ou raison – s’entêtaient à imposer certaines choses que votre couple d’amis aurait peut-être faites différemment. Peut-être que la préparation de la danse parfaite n’a pas été très bien vécue par l’un des deux, qui a fini par en avoir assez de consacrer tous ses dimanches après-midi à s’entrainer. Peut-être que ce voyage en Tanzanie, si merveilleux soit-il, aurait peut-être été mieux savouré quelques semaines plus tard et qu’enchaîner mariage (et de longues journées de préparation) + voyage de noces « sportif » n’était peut-être pas la meilleure idée pour récupérer. Enfin, pour les mariages publiés sur des blogs, n’oubliez jamais que les photos sélectionnées ne représentent souvent qu’une toute petite partie du mariage et adhèrent surtout à une ligne éditoriale précise suivie par le blog pour inspirer les futurs mariés. Si nous devions choisir les mariages uniquement en fonction des émotions ressenties ou du ressenti des convives, on est prêtes à parier que certaines sélections seraient sûrement différentes. Et puis, vos photos de mariage, c’est avant tout à vous qu’elles doivent plaire, pas à un blog :)

 CE QUE VOUS POUVEZ CHANGER 

Qu’ils soient petits ou gros, certains complexes font partie de ces complexes qu’on pourrait appeler « complexes de l’instant ». La bonne nouvelle, c’est qu’objectivement, ceux-là, avec un peu de bonne volonté, vous pouvez les changer. Vous vous rongez les ongles ? Plutôt que de céder à la facilité des faux-ongles, challengez-vous en essayant de résister à ce complexe qui vous gêne. Mettez votre chéri(e) dans la confidence pour qu’il vous soutienne. Le jour J, quand vous regarderez vos mains toutes jolies, vous serez d’autant plus fières. Cela fait des mois que vous trainez ces petits kilos en trop qui vous dérangent. Inutile de vous mettre en tête de perdre dix kilos en deux mois que vous reprendrez aussi sec. Trois ou quatre petits kilos perdus en mangeant équilibré et y ajoutant un peu de sport (si possible) suffiront à vous rendre plus confiante. Et c’est justement ce dont vous avez besoin, non ?

Achetez des dessous gainants ! Oui, oui, même les plus grandes stars le font et l’assument complètement. On vous assure que cela fait des miracles sous une robe un peu moulante (testé et approuvé, y compris pour les invitées). Vous trouvez que vous avez la mine un peu pâlotte ? Excellent prétexte pour partir un petit week-end au soleil entre copines (tiens, ne serait-ce pas votre EVJF qui arrive bientôt ?!) pour prendre des couleurs et en profiter pour vous relaxer.

 NOS EXPERIENCES PERSONNELLES 

Pour vous prouver que vous n’êtes pas les seules à focaliser sur vos petits complexes, on s’est aussi un petit peu mouillées et avons décidé de vous raconter une anecdote chacune sur un de nos petits complexes et la façon dont on a réussi à s’en dépatouiller (au moins le temps de quelques heures).

Linda : « Contrairement à certaines personnes que j’envie énormément, systématiquement (et ça ne rate jamais !) à chaque fois que quelqu’un me prend en photo, le résultat est abominable ! Mais vraiment. Quoi que je fasse. Certains penseront peut-être qu’il y a pire dans la vie (et c’est vrai), mais moi, c’est un peu ma croix. J’ai toujours l’impression qu’il y a un fossé énorme entre mon reflet devant un miroir et ce que je vois sur les photos. Pourtant, j’ai usé de tous les stratagèmes pour tenter de remédier à cela (faire la fille faussement dans la lune en mode photo volée, me tenir droite, exploiter mon bon profil…). Je me suis même demandé un temps si je n’étais pas atteinte de dysmorphobie. Jusqu’à ce week-end EVJF de Marie en Bretagne. Pour lui faire plaisir, nous avions prévu une séance photo entre copines (au départ, si j’avais pu me passer de cela, je ne me serais pas faite prier). La photographe était Alison Bounce et outre le fait d’avoir finalement passé un excellent moment entre filles, lorsque nous avons reçu les photos, quelque temps après, je suis restée bouche-bée de voir que, pour la première fois de ma vie, je réussissais à me trouver jolie et sans artifices particuliers. Une personne avait réussi à me prendre en photo sous des angles qui me plaisaient, sans mettre en avant mes fixettes. Cette expérience, en plus de faire plaisir à Marie, a déclenché un truc en moi ; je me suis aperçue que ce n’était pas « moi » le souci, mais que tout était une question d’œil derrière l’objectif. J’ai écrit à Alison pour la remercier, non seulement pour les photos, dont Marie était ravie, mais aussi à titre perso. C’est d’ailleurs elle qui a pris notre toute première photo de profil en duo sur le blog où l’on nous voyait vraiment (et qui fut la même pendant trois ans avant qu’on ne se décide à la changer). Si mon rapport à l’image est moins dramatique qu’avant, il m’arrive souvent de penser que c’est grâce à elle ».

Moralité : Choisir une photographe qui vous met à l’aise et vous rendra photogénique est in-dis-pen-sable. Si vous êtes fâchées avec les photos, trouvez un photographe qui aime raconter l’histoire des mariés à travers leurs reportages en minimisant le nombre de photos posées. Dans leur jargon, ils appellent cela « story telling ».

Marie : « Je suis on ne peut plus concernée par le sujet du jour. Je n’ai jamais été mécontente d’avoir une petite poitrine. Du moins, ça n’a jamais vraiment été un gros complexe car je voyais le côté pratique de la chose : pouvoir dormir sur le ventre, rentrer facilement dans des hauts ou des tenues… Mais de vous à moi, ce n’est quand même pas la partie de mon corps que je mets le plus en avant, loin de là. Lors de mes essayages de robes de mariée, cet aspect de ma morphologie a pris de l’ampleur. Je souhaitais une robe plutôt fluide avec la taille marquée. Et beaucoup avaient des décolletés en V. Pas forcément très profonds mais suffisamment pour attirer mon regard. Et je trouvais que l’ensemble faisait un peu tristounet, que je ressemblais plus à une petite fille perdue dans la chemise de nuit de sa maman qu’à une future mariée… Cela m’a fait écarter beaucoup de très jolies robes qui me plaisaient vraiment. J’ai fini par devenir obnubilée par ce détail et je désespérais de trouver la robe parfaite dans laquelle je me sentirai à la fois jolie et un peu sexy quand même. Jusqu’à ce que j’essaye celle qui serait ma robe de mariée. Son col bateau ne m’avait pas tellement tapé dans l’oeil car j’avait peur de faire un peu « enfermée » mais quand je l’ai passé et que je me suis vue dans le miroir, j’ai tout de suite su que c’était la bonne. Pas de décolleté mais un dos plongeant et de la dentelle transparente sur tout le haut. Ma petite poitrine était donc parfaite pour une telle robe, car impossible de mettre de sous-vêtements en dessous sans gâcher un peu l’intérêt du modèle. Et j’avais réussi à attirer l’attention sur une autre partie de mon corps ». 

Moralité : On a toutes des complexes. Malgré cela, vous ne vous changerez pas. Il vaut donc essayer de faire de ce problème une force, ou au moins d’arrêter de focaliser dessus mais tenter de mettre en valeur une autre partie de votre anatomie. Car on a toutes des points forts sous estimés.

Pour contacter Marie Montibert (Capture my Soul) :

hello(@)capturemysoul.com

+41 78 862 27 64

 


Crédit photos : Capture my Soul