Quoi de mieux que les fêtes de fin d’années pour (re)parler traditions ? Oui, parce que Noël est sans doute la période de l’année où notre attachement aux traditions est le plus exacerbé. Certaines fêtent Noël le 24, d’autres le 25. Ou les deux jours. Vous ouvrez toujours vos cadeaux le soir du 24 après le dîner, tandis que dans la famille de votre chéri, on a gardé l’habitude d’attendre le 25 au matin pour ouvrir ses cadeaux. Parce qu’il y a des enfants dans la famille qui attendent que le Père-Noël soit passé pendant la nuit, ou tout simplement parce que, même adultes, les vieilles habitudes d’enfance ont la dent dure.

Les traditions de Noël, c’est aussi le repas. Chaque année, on se dit qu’on pourrait tester un nouveau menu. Pour changer un peu de la traditionnelle dinde aux marrons ou du gigot d’agneau PAR-FAIT de notre maman. Pendant quelques semaines, vous repérez sur la toile quelques unes des si nombreuses recettes qui vous font saliver. Et puis, le moment venu (d’aller faire les courses), vous réalisez qu’un Noël sans le gigot PAR-FAIT de votre maman, ce n’est plus vraiment Noël. Mais c’est aussi ça qui est bon. Tout ce bazar dans notre tête pour organiser un Noël encore mieux que celui de l’an dernier. Sauf que toute cette magie se conserve justement parce que, au bout du compte, vous conservez les mêmes repères depuis toujours.

Bon, à vrai dire, cette introduction n’avait pas vocation à être aussi longue, mais vous commencez à le savoir : on parle, on parle, on dévie, avant de s’apercevoir au bout de quinze lignes, qu’on n’en est toujours pas venus aux faits !

Les faits justement, les faits. Oui, parce qu’aujourd’hui on voulait bel et bien parler traditions mais d’une tradition mariage (tant qu’à faire…!). On s’est intéressées à l’origine des dragées. Mariage modernes obligent, il est vrai que ces petites confiseries ne sont plus autant plébiscitées qu’avant. Souvent remplacées par des petits cadeaux d’invités plus pensés et personnalisés, leur demande est en baisse, répondant sans doute moins à une volonté des mariés de personnaliser au maximum leur jour J.

Qu’on se rassure, a priori, la dragée (oui…on sait que c’est un nom féminin mais ça fait toujours bizarre de le dire) a encore quelques vieux jours devant elle. Tradition oblige. Mais savez vous pourquoi, originellement, on offre des dragées aux mariages ?

LE SYMBOLE DE L’AMOUR ETERNEL 

Dans la mythologie grecque, on raconte l’histoire de Démophon et de la princesse Phyllis, fous amoureux l’un de l’autre. Quelques temps avant leur mariage, Démophon, qui apprend la mort soudaine de son père, doit se rendre à Athènes pour les funérailles et promet à Phyllis de revenir à une date fixe. Les aléas firent que Démophon ne put rentrer que trois mois plus tard. Entre temps, Phyllis, persuadée que son amour ne rentrerait jamais, s’était pendue, morte de chagrin.

Cet acte d’amour toucha les Dieux qui décidèrent de la faire renaître sous la forme d’un arbre : l’amandier. Au pied de cet amandier, Démophon jura à Phyllis qu’il l’aimerait éternellement. Le lendemain, l’amandier fit éclore ses premières fleurs. L’amande est depuis ce jour-là considérée comme le symbole de l’amour éternel.

LES DRAGÉES MODERNES

Au XIème siècle, seuls les apothicaires avaient l’autorisation de commercialiser le sucre. En 1220, un apothicaire de Verdun cherchant un moyen de mieux conserver les amandes, eut l’idée de les enrober de sucre et de miel durcis après cuisson, et inventa la dragée de Verdun.

Le succès de la dragée s’étendit jusqu’en Hollande, Russie et Constantinople. Au XVème siècle, la famille de Médicis introduisit la dragée dans toutes les grandes cours d’Europe. Forte de son succès, elle était utilisée pour tout : donnée aux femmes enceintes pour favoriser une grossesse sereine, réputée pour éradiquer la mauvaise haleine mais surtout empêcher la stérilité. Ainsi, à chaque événement familial important, les dragées avaient une place de choix au centre de la table.

En 1750, un confiseur parisien, Pecquet, fabriqua la dragée lisse que nous connaissons. Il devint le fournisseur officiel de la Cour.

Deux décennies plus tard, par une ordonnance royale, le privilège du commerce du sucre aux apothicaires fut retiré et réattribué entièrement aux confiseurs.

Aujourd’hui, si vous voulez vraiment respecter la tradition, il est d’usage d’offrir cinq dragées pour cinq vœux : santé, félicité, fertilité, longévité, prospérité.

Et vous, à quelles traditions de fin d’année êtes-vous attachées ?