A l’heure où beaucoup d’entre vous recherchent toujours la perle rare à qui vous confierez l’importante mission d’immortaliser votre jour J, voici un sujet backstage, un peu différent, qu’il nous tardait (aussi) de partager avec vous ! Il y a quelque temps, nous avons demandé à plusieurs photographes de mariage, dont nous apprécions particulièrement le travail et dont vous avez probablement déjà entendu parler, de nous raconter des anecdotes marquantes de leur carrière. Votre photographe de mariage étant, pour ainsi dire, votre ombre le jour J, il n’est pas étonnant qu’il ou elle se retrouve aux premières loges de situations plus ou mois cocasses. Ces mêmes situations qui, dans quelques années, animeront les conversations de vos repas de famille ! Chaussez donc vos lunettes anti reflets bleus, vous allez sourire, peut-être même rire et quelquefois être un peu émus.

(Merci à vous, chers photographes, d’avoir accepté de jouer le jeu et fouillé dans vos mémoires pour partager avec nous vos meilleurs souvenirs.) 

 LAETITIA, « LES HISTOIRES D’A » 

COMITÉ DE LUTTE ANTI SHORT-ESPADRILLES

« Le papa de la mariée avait oublié son costume dans leur maison principale à 600 km du lieu de réception. Forcément, vous vous imaginez le gros coup de stress, à deux heures de la cérémonie… Eh bien, non ! Les membres de la famille présents, de nervosité sans doute, sont tous partis dans un fou rire incontrôlé, la mariée y compris…! Franchement communicatif ! Après avoir balayé rapidement l’option 1 (short / espadrilles), le papa a finalement enfilé le costume de son deuxième gendre pour pouvoir accompagner dignement sa fille jusqu’à l’autel. Je n’oublierai pas de sitôt la décontraction avec laquelle le papa a géré son oubli. »

 BAPTISTE HAUVILLE, « YOU MADE MY DAY » 

SOUVENIR ETERNEL

« Je couvrais un tout petit mariage en Auvergne. Quatorze personnes en tout. La mariée, qui avait perdu son papa un an auparavant, a, avec l’aide de sa maman, découpé le pan d’une chemise lui ayant appartenu, et enrubanné son bouquet avec ce morceau. Un moment très fort symboliquement qu’elles ont partagé seulement toutes les deux (avec moi, immortalisant ce moment). En larmes, j’ai partagé ce moment intime avec elles. La cérémonie fut également particulièrement émouvante. A la fin, je suis allé voir la maman de la mariée, nous avons échangé quelques mots et nous nous sommes pris dans les bras. Une des rencontres les plus fortes de ma vie, personnelle comme professionnelle. Les mariés sont devenus des amis et je suis même ami sur Facebook avec la maman de la mariée ! »

 WILLY BROUSSE 

AGENT DOUBLE

« Matin des préparatifs de la mariée, entourée de ses témoins dans une chambre d’hôtel. Elle vient de passer sa robe, c’est un peu l’hystérie ; un gros mélange de larmes, de rires et d’excitation. C’est alors que quelqu’un frappe à la porte et, avant même qu’une des filles présentes n’ait le temps de faire quoi que ce soit, je vois la tête du futur mari passer par la porte et demander si tout va bien. Personne ne tique, tout le monde répond « Oui, oui merci » et le futur mari s’en va et referme la porte. Là, je suis sidéré et je dois faire une drôle de tête parce que la mariée me demande si moi, ça va, pour le coup. Je lui réponds que oui et je lui demande si ça ne la gêne pas que son futur mari la voit en robe avant le mariage. Gros éclats de rires, tout le monde plié en deux – sauf moi – et la mariée me répond : « Ah, mais en fait non, ce n’est pas mon mari. C’est son frère… jumeau ! » Je savais bien qu’il avait un frère mais pas jumeau. J’en ai entendu parler toute la journée ! »

 BEATRICE, THE QUIRKY 

ATTENTION, LES FLICS !

« Nous avons eu la chance avec Jérémie*, de partir à Hong Kong pour couvrir un mariage. Avec ce couple, nous avons eu un excellent feeling. Alors qu’on ne s’était jamais vu en vrai (juste une fois sur Skype) ils nous ont accueillis comme des amis. Un barbecue était prévu le soir de notre arrivée sur le rooftop d’un appartement. Une soirée tranquille, à la bonne franquette. C’était sans compter sur leur aptitude à faire la fête ! Plus tard dans la soirée, le jacuzzi a fini quasi vide de son eau, mais rempli de beaucoup trop de monde… et de champagne ! Manque de bol, la police a fini par débarquer. Mais, plutôt en mode cool car, après avoir quand même pris les identités, ils ont gentiment accepté de faire une photo de groupe ! »

*Béatrice et Jérémie travaillent en binôme : Béatrice est photographe et Jérémie vidéaste.

 ELSA, ROSE FUSHIA PHOTOGRAPHIE 

PERE ET FILLE

« Je suis toujours très touchée en général par les relations père-fille et par le rôle du papa pendant le mariage. Ce jour-là, je couvre un mariage à Bordeaux. La mariée avait une relation très forte avec son papa, et ce dernier, très émotif me faisait penser au mien. Heureux, ému et fier, il ne cachait pas ses émotions, que j’ai pu capter tout au long de la journée. Le père et sa fille se regardaient souvent, et leurs regards étaient sincères et remplis d’amour. Pendant le dîner, le papa a pris le micro pour faire un petit discours très émouvant, qui n’a pas manqué de faire pleurer la mariée. Quelques jours plus tard, lors de l’importation des images sur mon ordinateur, je tombe sur la photo du père et la fille qui s’enlacent après ce fameux discours, et je décide de l’envoyer à la mariée. Le lendemain, le papa m’a envoyé un mail me disant à quel point il était ému de découvrir cette photo et que ça lui avait fait versé une larme. Je n’ai pas pu m’empêcher de verser aussi ma petite larme. »

 CAMILLE COLLIN 

GROSSE BAVURE

« Mariage dans une toute petite ville de banlieue parisienne. Le papa du marié fait partie des conseillers municipaux et a réussi à négocier « L’indisponibilité du maire » afin de pouvoir lui-même marier son fils. La cérémonie se passe avec beaucoup d’émotion, lorsque, au moment de faire signer les registres, le papa/maire fait signer à tout le monde (mariés et témoins) le registre des mariés suivants… ! Gros moment de panique, recherche de correcteur blanc et autre cache misère. Je n’ose imaginer la tête du vrai maire prenant le relai pour le mariage suivant. En tout cas, l’anecdote est partie pour rester dans la famille pour longtemps. »

 FANNY TIARA 

TOUT UN SYMBOLE

 « Lors de la fin de la cérémonie religieuse d’Eva et Gautier, chacun des mariés a pris deux roses blanches qu’ils ont offert à leurs parents. Cela avait pour signification : « Merci de m’avoir conduit jusqu’ici, maintenant je suis prêt pour mon envol ». C’est la première fois que je voyais cela et j’ai trouvé ce geste très émouvant. »

 ANNE-SOPHIE, ELA AND THE POPPIES 

QUAND LA FOUDRE S’ABAT

« Samedi matin, je suis près de Pau, au domicile de la mariée, pour photographier ses préparatifs. Le ciel est noir dehors, il pleut des cordes, mais cela n’entache pas sa bonne humeur, les solutions de repli ayant été prévues au préalable. Puis le tonnerre gronde, un éclair fend le ciel, la foudre semble être tombée quelque part. La mariée me regarde en souriant et me dit : « Tant que ce n’est pas tombé au château ! ». Elle ne pensait pas si bien dire…. Quelques minutes plus tard, alors qu’elle est coiffée, maquillée et prête à enfiler sa robe pour rejoindre son conjoint et leurs invités à la mairie, le téléphone sonne. Je n’entends pas ce qu’il se dit mais je vois son visage se durcir et la panique l’envahir. Elle raccroche : catastrophe au château, la foudre est bien tombée là-bas, les dégâts sont importants, il faut absolument qu’elle y aille. Elle file dans sa chambre enfiler un jogging, prend une veste me regarde et me dis : « Viens avec moi ! » Dans la voiture, les conversations téléphoniques s’enchaînent, il faut trouver des solutions vite si on ne veut pas que tout soit annulé. Heureusement pour eux, c’est la tante du marié qui doit les unir à la mairie, celle-ci convient donc de décaler la cérémonie de quelques heures pour leur laisser le temps de se retourner. Les témoins sont envoyés à la mairie pour informer les invités qu’il faudra revenir plus tard. Amis et famille pouvant intervenir sont mobilisés pour venir sur le lieu et aider. En arrivant sur le lieu, c’est une vision totalement apocalyptique qui nous attend. Il y a des branches et des feuilles partout, et des gens qui s’agitent dans tous les sens sous la pluie qui continue de tomber. Le barnum dans lequel devait se tenir la cérémonie laïque et le repas est relié à un compteur électrique indépendant dans le parc du château, compteur placé au pied d’un chêne centenaire. Et c’est ce même compteur qui a fait paratonnerre lorsque la foudre est tombée. Le compteur a flambé, le chêne a littéralement explosé en miettes, détruisant au passage la cabine/cuisine du traiteur et déchirant une partie du toit du barnum. Personne n’a été blessé, bien heureusement. A ce moment précis de la journée, il n’y a plus d’électricité, plus de nourriture, une partie de la vaisselle cassée et un coin repas qui prend l’eau. Et alors que tout semble foutu, toutes les personnes présentes offrent les solutions qu’il fallait : les cousins déblaient le terrain à coup de pelleteuse, le technicien EDF vient pour tirer des câbles du château vers le parc pour que la cérémonie laïque puisse se tenir sous la partie du barnum encore en place, le propriétaire du château offre la possibilité aux mariés de faire leur repas dedans, des assiettes de cantine sont récupérées pour remplacer la vaisselle cassée et le traiteur file à son labo pour voir ce qu’il a en stock à proposer aux mariés pour remplacer le menu initial. Et au milieu de ces décombres, sous son parapluie, je vois le visage de ma mariée s’illuminer : elle sait que malgré tout ça, elle s’unira à celui qu’elle aime. Le mariage aura finalement été décalé d’environ 2h, mais tout aura eu lieu comme prévu. Ils ont ri, ils ont pleuré, ils ont mangé du gigot haricot dans des assiettes de cantine et dansé dans le hall du château. Et même si tout ne s’est pas passé comme ils l’avait imaginé, ils se sont mariés et sont heureux ! »

 ALINE NOGUEIRA 

CHUTE (PRESQUE) DIGNE

 « Mariage d’Anaïs et Ludovic. La mairie de Nîmes étant en rénovation, la cérémonie se passait dans une petite cour pas très large. Il y avait beaucoup d’invités et, de ce fait, nous n’avions pas beaucoup de place et bouger n’était pas chose aisée. Au moment du « Oui » des mariés, j’ai voulu me déplacer pour avoir un meilleur angle de vue et, en cherchant à éviter de me cogner dans l’appareil du vidéaste, monté sur trépied, j’ai oublié de regarder où je mettais les pieds. J’ai manqué de très peu de m’étaler devant toute l’assemblée. Je pensais m’être dignement rattrapée sans que personne ne s’aperçoive de rien mais, non ! Les deux témoins du marié avaient un mal fou à retenir leur rire dans ce moment solennel. Et j’ai eu bien du mal à me retenir de partir en éclat de rire moi aussi. Heureusement, le ridicule ne tue pas ! »

 


Crédit photos : Les photos au dessus de chaque anecdote sont la propriété du photographe interviewé.